Dans un camping, la taxe de séjour 2026 coûte entre 0,20 € et 0,60 € par adulte et par nuit, selon le classement du terrain et le montant voté par la collectivité, auxquels s’ajoutent parfois des taxes additionnelles. Ce guide répond aux deux questions qu’on se pose sur le sujet : combien paie le campeur, et ce que le gérant doit collecter, déclarer et reverser.
- Barème national 2026 : 0,20 € à 0,60 € par personne et par nuit en camping 3, 4 ou 5 étoiles ; 0,20 € en 1 ou 2 étoiles et pour les terrains non classés.
- Les mineurs ne paient pas. Une famille de 2 adultes et 2 enfants paie donc pour 2 personnes.
- Taxes additionnelles possibles : +10 % (département), +34 % (certains départements du Sud), jusqu’à ×3,25 en Île-de-France.
- Côté gérant : c’est la mairie qui choisit le régime (réel ou forfait) et le barème local. Au réel, vous collectez, déclarez et reversez aux dates fixées par la délibération.
- Booking ou Airbnb ne collectent pour un camping que si vous les y avez habilités : sinon, c’est à vous de le faire.
Combien coûte la taxe de séjour dans un camping en 2026 ?
La taxe de séjour est un impôt local. La municipalité (ou l’intercommunalité) décide de l’instituer et vote son barème, mais dans une fourchette fixée par la loi (articles L. 2333-29 à L. 2333-47 du Code général des collectivités territoriales). Ces bornes sont revalorisées chaque année selon l’inflation : pour 2026, elles ont été indexées sur l’inflation de 2024, soit +1,8 %.
Barème national 2026 pour l’hôtellerie de plein air (par personne et par nuit)
| Catégorie | Tarif plancher | Tarif plafond |
|---|---|---|
| Terrains de camping et de caravanage classés 3, 4 ou 5 étoiles (et terrains de plein air équivalents), emplacements en aire de camping-cars et parcs de stationnement touristiques, par tranche de 24 heures | 0,20 € | 0,60 € |
| Terrains de camping et de caravanage classés 1 ou 2 étoiles (et terrains de plein air équivalents), ports de plaisance | 0,20 € | |
Source : barème national 2026 (indexation IPC 2024 : +1,8 %), repris dans les délibérations communales. Pour comparaison, un hôtel 4 étoiles se situe entre 0,70 € et 2,60 €, un palace entre 0,70 € et 4,90 €.
Et un camping non classé ?
Un terrain sans classement ou en attente de classement relève de la ligne « 1 ou 2 étoiles et tout autre terrain d’hébergement de plein air de caractéristiques équivalentes » : 0,20 € par personne et par nuit. Le régime proportionnel de 1 % à 5 % du prix de la nuitée, qui s’applique aux meublés et locations non classés, exclut l’hôtellerie de plein air. Un camping non classé n’est donc jamais taxé en pourcentage de ses prix.
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Le camping reste l’un des hébergements touristiques les moins taxés. Pour situer votre établissement face aux autres hébergements de votre territoire, voici les fourchettes du barème national 2026 par personne et par nuit :
| Hébergement | Plancher | Plafond |
|---|---|---|
| Palaces | 0,70 € | 4,90 € |
| Hôtels de tourisme, résidences de tourisme et meublés de tourisme 5 étoiles | 0,70 € | 3,60 € |
| Catégorie 4 étoiles (hôtel, résidence ou meublé de tourisme) | 0,70 € | 2,60 € |
| Catégorie 3 étoiles (hôtel, résidence ou meublé de tourisme) | 0,50 € | 1,70 € |
| Catégorie 2 étoiles, villages de vacances 4 et 5 étoiles | 0,30 € | 1,00 € |
| Catégorie 1 étoile, villages de vacances 1 à 3 étoiles, chambres d’hôtes, auberges collectives | 0,20 € | 0,80 € |
| Terrains de camping 3, 4 et 5 étoiles | 0,20 € | 0,60 € |
| Terrains de camping 1 et 2 étoiles | 0,20 € | |
Pour les hébergements non classés autres que le plein air (meublés, locations saisonnières), la taxe de séjour est perçue en pourcentage du prix de la nuitée, entre 1 % et 5 %. C’est un argument à faire valoir auprès de vos clients : à niveau de confort comparable, un séjour en camping 4 étoiles supporte une taxe de séjour bien plus faible qu’une nuit en hôtel 4 étoiles.
Exemple concret
Une famille (2 adultes, 2 enfants) passe 7 nuits dans un camping 4 étoiles dont la ville applique le plafond de 0,60 €, avec la taxe additionnelle départementale de 10 % :
- tarif par adulte et par nuit : 0,60 € + 0,06 € = 0,66 € ;
- enfants : exonérés ;
- total du séjour : 0,66 € × 2 adultes × 7 nuits = 9,24 €.
Le même séjour dans un camping 2 étoiles de la même ville coûterait 0,22 € × 2 × 7 = 3,08 €.
Les taxes additionnelles qui s’ajoutent
Au montant communal peuvent s’ajouter des taxes additionnelles, calculées en pourcentage de ce barème et collectées en même temps que lui :
| Taxe additionnelle | Taux | Où | Depuis |
|---|---|---|---|
| Départementale | +10 % | Départements qui l’ont instituée (une soixantaine) | Variable |
| Société des grands projets | +15 % | Île-de-France | 1er janvier 2019 |
| Île-de-France Mobilités | +200 % | Île-de-France | 1er janvier 2024 |
| Grands projets ferroviaires | +34 % | Bouches-du-Rhône, Var, Alpes-Maritimes | 1er janvier 2023 |
| Grands projets ferroviaires | +34 % | Départements concernés de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie | 1er janvier 2024 |
En Île-de-France, le cumul multiplie le tarif de base par 3,25. Un camping 4 étoiles au plafond y facture ainsi 0,60 € + 0,06 € + 0,09 € + 1,20 € = 1,95 € par adulte et par nuit. Dans le Var ou les Alpes-Maritimes, le même tarif de 0,60 € devient environ 0,86 € avec les taxes départementale et ferroviaire.
Qui paie, et qui est exonéré ?
Au régime du réel, la taxe est due par chaque personne qui séjourne à titre onéreux et qui n’est pas domiciliée dans la commune ni redevable, pour une résidence qu’elle y possède, de la taxe d’habitation. L’hébergeur la perçoit pour le compte de la collectivité, à titre de simple intermédiaire. Quatre cas d’exonération sont prévus par la loi (article L. 2333-31 du CGCT) :
- les personnes mineures ;
- les titulaires d’un contrat de travail saisonnier employés dans la commune ;
- les personnes bénéficiant d’un hébergement d’urgence ou d’un relogement temporaire ;
- les personnes qui occupent des locaux dont le loyer est inférieur à un montant fixé par la commune.
Pour un camping, l’exonération des saisonniers est la plus souvent oubliée : un salarié saisonnier d’une entreprise de la commune logé sur votre terrain ne paie pas la taxe, à condition de pouvoir le justifier.
Mobil-home, emplacement nu, camping-car : même tarif
Le barème dépend de la catégorie de l’établissement, pas du type d’hébergement loué. Sur un terrain classé 4 étoiles, un locataire de mobil-home et un campeur sous tente paient le même tarif « camping 3, 4 et 5 étoiles ». Les emplacements des aires de camping-cars et des parcs de stationnement touristiques suivent la même ligne du barème, par tranche de 24 heures.
Côté gérant : réel ou forfait, c’est la collectivité qui décide
Vous ne choisissez ni le tarif ni le régime : tout est fixé par la délibération de la commune ou de l’intercommunalité, adoptée avant le 1er juillet pour l’année suivante. Demandez-la en mairie ou consultez le portail de télédéclaration de votre territoire : c’est le document qui fait foi, pas les barèmes nationaux.
Le régime du réel (le plus courant)
Vous collectez la taxe auprès de chaque client, en plus du prix du séjour, et elle doit figurer distinctement sur la facture. Calcul : tarif × nombre de personnes non exonérées × nombre de nuits, taxes additionnelles comprises.
Lors de chaque reversement, la déclaration transmise au service gestionnaire de la taxe de séjour contient, pour chaque séjour, les informations suivantes : les dates de début et de fin, la date de perception, l’adresse de l’hébergement, le nombre de personnes et de nuitées, le montant collecté (taxes additionnelles incluses) et, le cas échéant, le motif d’exonération (article L. 2333-34 du CGCT). Les dates de reversement (mensuelles, trimestrielles ou annuelles) et la période de perception sont fixées par la délibération.
Le régime du forfait
Au forfait, c’est vous qui payez, que le camping soit plein ou non. La taxe est calculée sur votre capacité d’accueil :
tarif × capacité d’accueil × nombre de nuitées de la période d’ouverture × (1 − abattement)
Le conseil municipal peut voter un abattement de 10 % à 80 % pour tenir compte de la fréquentation réelle. Exemple : un terrain de 300 personnes de capacité, ouvert 120 nuits, avec un tarif de 0,60 € et un abattement de 50 % : 300 × 120 × 0,60 € × 0,5 = 10 800 € pour la saison, hors taxe additionnelle. Vous devez déclarer votre capacité et votre période d’ouverture au plus tard un mois avant le début de chaque période de perception, puis verser la taxe aux dates prévues, même si la saison en cours est décevante.
Au forfait, la taxe pèse directement sur votre marge : un mauvais remplissage ne la réduit pas. C’est un poste à intégrer dans votre calcul de taux d’occupation et dans votre analyse de rentabilité.
Booking, Airbnb et opérateurs numériques : qui collecte pour un camping ?
C’est le point qui crée le plus de doubles perceptions. La loi distingue deux cas (article L. 2333-34 du CGCT) :
- Loueurs non professionnels : un opérateur numérique qui encaisse le paiement (plateforme de réservation) doit obligatoirement collecter la taxe de séjour et la reverser lui-même, deux fois par an (30 juin et 31 décembre).
- Loueurs professionnels, dont les campings : l’opérateur numérique ne collecte que si vous l’avez habilité à le faire. Sans habilitation, c’est à vous de collecter la taxe auprès du client à son arrivée ou dans votre facturation, y compris pour les réservations venues de Booking ou d’Airbnb.
En pratique, vérifiez pour chaque plateforme : est-ce qu’elle facture la taxe au client ? Est-ce qu’elle la reverse à la collectivité ? Si oui, excluez ces séjours de votre propre collecte et de vos déclarations, et conservez les relevés. Si la plateforme affiche la taxe « payable sur place », c’est à vous de l’encaisser. Les conditions de facturation des plateformes ont aussi un effet sur votre TVA : voir notre article sur la TVA sur les commissions Booking.
Sanctions en cas d’oubli ou de retard
- Taxation d’office : en cas de défaut de déclaration ou de paiement, le maire vous met en demeure par lettre recommandée. Sans régularisation sous 30 jours, un avis de taxation d’office motivé vous est notifié au moins 30 jours avant la mise en recouvrement (article L. 2333-38 du CGCT).
- Intérêt de retard : 0,20 % par mois de retard de versement.
- Amendes déclaratives : de 750 € à 12 500 € pour une déclaration non produite dans les délais, et 150 € par omission ou inexactitude, dans la limite de 12 500 € par déclaration.
Conservez vos registres, factures et relevés de plateformes : ce sont eux qui vous protègent en cas de contrôle.
Afficher la taxe de séjour dans vos tarifs
Au réel, la taxe n’est pas comprise dans votre prix : elle s’ajoute au séjour. Pour éviter les mauvaises surprises au moment du paiement, et les avis négatifs qui vont avec :
- indiquez « taxe de séjour en sus : X € par adulte et par nuit » sur vos pages tarifs et dans votre moteur de réservation ;
- faites calculer la taxe automatiquement par votre logiciel, adultes et mineurs distingués : la plupart des logiciels de gestion de camping savent le faire et préparent l’état à déclarer ;
- mettez à jour vos tarifs chaque 1er janvier, quand la nouvelle délibération entre en vigueur.
Checklist du gérant pour la saison
- Récupérer la délibération en vigueur : régime, tarif de votre catégorie, taxes additionnelles, dates de reversement.
- Vérifier que votre catégorie de classement est à jour (un classement expiré vous fait changer de ligne du barème).
- Paramétrer le tarif dans votre logiciel et sur votre site.
- Faire le point plateforme par plateforme : qui collecte, qui reverse.
- Tenir l’état des séjours au fil de l’eau, exonérations justifiées, pour pouvoir percevoir et reverser sans erreur.
- Reverser et déclarer à chaque échéance, sans attendre la fin de saison.
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Questions fréquentes
Quel est le prix de la taxe de séjour dans un camping ?
En 2026, entre 0,20 € et 0,60 € par adulte et par nuit pour un camping 3, 4 ou 5 étoiles, et 0,20 € pour un camping 1 ou 2 étoiles ou non classé. S’y ajoutent les taxes additionnelles du territoire : +10 % dans la plupart des départements, davantage dans le Sud et en Île-de-France (jusqu’à 1,95 €).
Les enfants paient-ils la taxe de séjour au camping ?
Non. Les personnes mineures sont exonérées au régime du réel. Au forfait, la question ne se pose pas pour le client : c’est le gérant qui paie sur la capacité du terrain.
Comment connaître le montant de la taxe de séjour d’une commune ?
Le tarif figure dans la délibération de la commune ou de l’intercommunalité, disponible en mairie et souvent auprès de l’office de tourisme ou sur le portail de télédéclaration local, avec les informations sur le taux des taxes additionnelles. La DGFiP publie aussi les tarifs des collectivités sur impots.gouv.fr.
Quand paie-t-on la taxe de séjour au camping ?
Le plus souvent au moment du règlement du séjour, à l’arrivée ou au départ. Elle apparaît sur une ligne distincte de la facture. Si vous avez réservé sur une plateforme, elle peut avoir été prélevée lors de la réservation : vérifiez votre confirmation.
Booking collecte-t-il la taxe de séjour pour les campings ?
Seulement si le camping l’a habilité à le faire. L’obligation de collecte des opérateurs numériques ne vise que les loueurs non professionnels. Pour un camping, l’absence d’habilitation signifie que la taxe reste à collecter par le gérant.
Qui décide du montant de la taxe de séjour ?
Le conseil municipal ou l’organe délibérant de l’intercommunalité, dans les limites du barème national. La délibération doit être adoptée avant le 1er juillet pour s’appliquer l’année suivante. Les taxes additionnelles sont fixées par la loi.
Sources
- Code général des collectivités territoriales, articles L. 2333-34 et L. 2333-38 (Légifrance)
- Barème national 2026 de la taxe de séjour, indexation IPC 2024 (délibérations communales, juin 2025)
- Taxe de séjour (impots.gouv.fr)
- Les taxes additionnelles à la taxe de séjour (taxesejour.fr)