Une commission de sécurité qui recale un camping ne laisse pas de seconde chance avant juillet. Extincteurs, exercice d’évacuation, plan affiché : la checklist ERP à cocher avant de lever la barrière.
Les points clés
- Un extincteur à eau pulvérisée d’au moins 6 litres pour 200 m² de surface bâtie, contrôlé chaque année.
- Un exercice d’évacuation organisé avant l’arrivée des premiers vacanciers, personnel saisonnier compris.
- Un plan d’évacuation affiché à chaque entrée et sortie de zone, lisible même sans parler français.
- Un dossier de sécurité à jour, présentable au maire ou à la commission de sécurité sur demande.
- Un cahier des prescriptions de sécurité qui couvre aussi les risques naturels majeurs du terrain (feux de forêt, inondations, glissements de terrain).
- Une fermeture administrative qui coûte largement plus cher qu’une mise en conformité.
Ce que la réglementation ERP impose à un camping
Un camping accueillant du public relève de la réglementation applicable aux établissements recevant du public dès qu’il dépasse les seuils fixés localement : obligations d’extinction, d’évacuation, d’affichage et de contrôle à vérifier chaque année, avant l’ouverture de la saison. Le cahier des prescriptions de sécurité remis au gestionnaire du terrain de camping couvre aussi les risques naturels majeurs propres au site, feux de forêt, inondations, glissements de terrain, parfois des risques technologiques selon la zone, en plus du risque incendie proprement dit. Ce cadre vise la sécurité des occupants, campeurs comme personnel, et s’ajoute aux règles propres aux équipements du site, comme la sécurité des bassins et zones de baignade, qui relève d’exigences distinctes. La saison qui approche est le bon moment pour reprendre le dossier de sécurité point par point plutôt que de le ressortir le jour du contrôle.
Les extincteurs, à vérifier avant chaque saison
Le camping doit disposer d’au moins un extincteur portatif à eau pulvérisée de 6 litres minimum pour 200 m² de surface, positionné à un endroit dégagé et signalé, une règle que l’INRS rappelle pour tout établissement recevant du public (2022). Sur un camping, la répartition se raisonne par bâtiment (sanitaires, accueil, local technique) et par zone d’emplacements, avec un nombre et un type d’appareil adaptés à la nature du risque présent, gaz, électricité, matériel de restauration. Le contrôle annuel par un organisme agréé, avec date visible sur l’étiquette, s’inscrit dans une surveillance plus large des installations électriques et du dispositif de secours du site, en lien avec le service départemental d’incendie et de secours quand la configuration l’exige.
L’exercice d’évacuation, une obligation trop souvent zappée
Un exercice d’évacuation doit être organisé avant l’arrivée des premiers vacanciers, avec le personnel saisonnier briefé sur les issues, les points de rassemblement et le rôle de chacun en cas d’alerte. Le turnover des équipes d’accueil et d’entretien rend cette étape fragile : un saisonnier recruté la veille de l’ouverture n’a souvent reçu aucune consigne. Un briefing court, tenu et consigné dans le registre de sécurité, suffit à couvrir l’obligation et à sécuriser réellement le camping. C’est un sujet à intégrer dès l’entretien d’embauche, au même titre que la formation évoquée dans notre article sur le métier de gérant de camping.
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La commission consultative de sécurité et d’accessibilité visite le camping à intervalles fixés selon sa catégorie et peut être sollicitée par le maire à tout moment en cas de doute. Son avis conditionne l’arrêté d’ouverture délivré par la mairie, distinct du classement en étoiles attribué par un organisme accrédité pour le compte d’Atout France. Elle vérifie aussi les installations électriques, les voies réservées aux services de secours et les aires de jeux, souvent classées installations ouvertes au public (IOP) au même titre que les autres équipements de loisirs accueillant des clients. Un avis défavorable bloque l’ouverture, quel que soit le niveau de confort affiché par ailleurs. Le dossier à présenter regroupe le registre de sécurité, les rapports de vérification des extincteurs et des installations électriques, et le plan du site à jour.
Le plan d’évacuation affiché, où et comment
Le plan d’évacuation doit être affiché à chaque entrée et sortie de zone, dans un format lisible et compréhensible même par un vacancier qui ne parle pas français. Sur un camping, cela signifie un affichage aux sanitaires, à l’accueil et aux points de collecte, avec des pictogrammes plutôt que du texte dense. Le point de rassemblement doit être visible sur le plan général distribué à l’arrivée, pas seulement sur une affiche isolée dans un couloir. Tenir cette checklist à jour d’une saison sur l’autre devient plus simple quand elle est intégrée au logiciel de gestion du camping plutôt que gérée sur papier volant.
Notre parti pris
On considère la mise en conformité incendie comme une dépense de protection du chiffre d’affaires, au même titre qu’une assurance ou une maintenance des équipements. Une fermeture administrative en pleine saison, ou pire un accident, pèse infiniment plus sur le taux d’occupation et sur les avis en ligne qu’une campagne de communication ne peut compenser. Les campings qui traitent cette checklist comme un rendez-vous fixe de fin de saison protègent leurs clients autant que leur chiffre d’affaires. Vérifier cette checklist chaque année avant l’ouverture coûte quelques heures. La négliger peut coûter une saison entière.
Questions frequentes
Un camping est-il toujours considéré comme un établissement recevant du public ?
Oui dès qu’il accueille des vacanciers au-delà de seuils fixés localement par la préfecture, le camping relève de la réglementation ERP au même titre qu’un commerce ou un hôtel, avec des obligations de sécurité incendie spécifiques à son activité et à sa configuration.
Combien d’extincteurs faut-il installer sur un camping ?
La règle générale pour tout ERP est d’au moins un extincteur à eau pulvérisée de 6 litres pour 200 m² de surface bâtie, la répartition exacte par bâtiment et zone d’emplacements se définissant avec le prestataire de vérification agréé selon la configuration du site.
À quelle fréquence organiser un exercice d’évacuation ?
Avant chaque ouverture de saison, au minimum, avec l’ensemble du personnel présent y compris les saisonniers récemment recrutés, pour que chacun connaisse les issues et son rôle en cas d’alerte.
Qui contrôle la sécurité incendie d’un camping ?
La commission consultative de sécurité et d’accessibilité, qui visite l’établissement et rend un avis conditionnant l’arrêté d’ouverture délivré par la mairie, indépendamment du classement en étoiles du site.
Que risque un camping en cas de non-conformité ?
Un avis défavorable qui retarde ou empêche l’ouverture, une mise en demeure, voire une fermeture administrative en cours de saison, avec un impact direct sur le chiffre d’affaires et sur la réputation du site.